TDAH & Co : « le fait de tjs craquer au moment des transe-itions»
TDAH & Co : « le fait de tjs craquer au même moment »
Transitions (transe-itions) & addictions : « quand le cerveau refuse de lâcher »
Et si le vrai problème… ce n'était pas l'addiction, mais le moment juste avant ?
Ce moment flou entre deux états. Ce vide entre deux actions. Ce passage d'un monde à un autre. Ce qu'on appelle une transition.
1. Une transition, c'est quoi vraiment ?
Ce n'est pas juste « passer à autre chose ». C'est un changement d'état neurobiologique :
- d'une tâche → à une autre
- d'un environnement → à un autre
- d'un état interne → à un autre
Et pour le cerveau neuroatypique : ça demande énormément d'énergie.
2. Ce qui se passe dans le cerveau
Fonctions exécutives fragilisées
Chez beaucoup de profils neuroatypiques (TDAH, TSA, etc.), il y a une difficulté à :
- arrêter une tâche
- initier une autre
- gérer l'inconnu
Circuit dopaminergique instable
Le cerveau cherche :
- du prévisible
- du rapide
- du réconfort immédiat
Système nerveux en tension
La transition = un mini stress neurologique.
3. Les transitions du quotidien (là où ça coince vraiment)
Les transitions, ce ne sont pas que des « changements ». Ce sont des moments de bascule interne… souvent invisibles mais très chargés.
Le coucher
Passer de stimulation → calme, de contrôle → lâcher prise. Le cerveau ne veut pas « s'éteindre ». La compensation fréquente : écran, nourriture, pensées en boucle.
Le dimanche soir
Passer de liberté → contraintes, de spontanéité → obligations. L'anticipation et la charge mentale créent une compensation : sucre, évitement, anxiété.
Retour du travail
Passer de performance sociale → soi, de tension → relâchement. La décompression brutale entraîne une compensation : alcool, grignotage, isolement.
Après l'école (enfants & ados)
Passer d'effort cognitif → repos, de cadre imposé → liberté. La fatigue et la surcharge sensorielle créent une compensation : écrans, agitation, crises.
Fin des vacances
Passer de rythme libre → cadre strict. La rupture brutale et la perte de dopamine entraînent une compensation : procrastination, irritabilité, fuite.
4. Pourquoi ça crée des addictions ?
Parce que la transition crée un vide. Et le cerveau déteste ça.
Donc il compense avec une stratégie inconsciente : « Je remplis le vide pour ne pas ressentir l'inconfort ».
Avec :
- sucre
- écrans
- nicotine
- alcool
- hyperactivité mentale
5. Le vrai mécanisme addictif
Ce n'est pas seulement « j'aime ça ». C'est :
- Je dois changer d'état
- Je ressens un inconfort
- Je cherche un raccourci
- Je soulage immédiatement
- Mon cerveau enregistre : « ça = solution »
- Boucle renforcée
6. Traduction simple
L'addiction devient : un outil de régulation des transitions.
7. Le switch clé (hyper important)
Ce n'est pas : « j'arrête l'addiction ».
Mais : « j'apprends à traverser la transition ».
8. Pistes concrètes
1. Créer des « zones tampons »
Entre deux actions : 2 à 5 minutes de pause structurée avec respiration lente, regarder par la fenêtre ou marcher. Éviter le « vide brutal ».
2. Ritualiser les transitions
Toujours la même micro-action : se lever, boire un verre d'eau, étirer le corps. Le cerveau anticipe → stress ↓.
3. Nommer ce qui se passe
« Là, je suis en transition » active le cortex préfrontal et diminue l'automatisme.
4. Remplacer, ne pas enlever brutalement
Proposer une alternative : chewing-gum, eau fraîche, respiration, musique, activité physique.
5. Ralentir volontairement
Le cerveau veut aller vite, vous faites l'inverse avec des transitions lentes et des gestes conscients.
6. Déculpabiliser
Ce n'est pas un manque de volonté. C'est un cerveau qui évite une surcharge et cherche à survivre au changement.
Conclusion
Les addictions ne sont pas le problème. Elles sont une solution imparfaite.
Le vrai travail : apprendre à traverser l'inconfort du passage.
Et si on arrêtait de fuir les transitions… pour apprendre à les habiter ?
Avec Muriel Hubin


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