TSA ou Trouble de Spectre Autistique
Le Trouble du Spectre de l'Autisme (TSA) est souvent mal compris. On entend régulièrement des expressions comme « un peu autiste », « très autiste » ou « plus ou moins sur le spectre ». Mais le spectre de l'autisme ne fonctionne pas de cette manière.
Ce n'est pas une échelle, ce n'est pas un dosage, ce n'est pas un degré. C'est une question de qualité de fonctionnement.
Le spectre : une roue, pas une ligne
Imaginez plutôt une roue avec plusieurs branches ou axes, chacun représentant un domaine différent :
- Communication
- Interaction sociale
- Traitement sensoriel
- Besoin de prévisibilité et rigidité
- Fonctions exécutives
- Régulation émotionnelle
- Camouflage (masking)
- Fatigabilité et récupération
Le point essentiel : chaque personne autiste se positionne différemment sur chaque branche.
Une grande variabilité
On peut bien se débrouiller dans un domaine et être en grande difficulté dans un autre. On peut sembler à l'aise socialement mais être en surcharge sensorielle permanente. On peut bien communiquer mais s'épuiser profondément dans les interactions.
Les profils sont très variés, hétérogènes, parfois même opposés.
Ce que cela implique
Tous les autistes sont différents, comme tous les êtres humains, mais avec une organisation neurodéveloppementale différente. Il n'existe pas un profil autistique. Il existe des profils autistiques.
C'est pourquoi il faut absolument éviter des phrases comme :
- « Lui est plus autiste »
- « Toi, tu t'en sors mieux »
- « Tu n'as pas l'air autiste »
Être à l'aise sur une branche n'annule pas, ne compense pas et n'invalide pas les difficultés sur une autre.
L'autisme de canard
Parfois, tout semble fluide à la surface. Mais sous l'eau, ça pédale très fort. C'est une fatigue invisible, des efforts constants, des coûts internes énormes.
Une opportunité de compréhension
Cette manière de penser le spectre nous invite à quelque chose de précieux : apprendre à s'observer pour comprendre comment on fonctionne.
Et si tout le monde, même les personnes neurotypiques, prenait le temps d'identifier ses zones de facilité, ses zones de fragilité, ce qui lui coûte de l'énergie, ce qui le régule et ce dont il a réellement besoin, les relations humaines seraient sans doute plus fluides, plus ajustées et plus saines.
Parce qu'on arrêterait de croire que ce qui est facile pour soi l'est pour tout le monde. Parce qu'on poserait plus de questions que de jugements. Parce qu'on respecterait davantage les rythmes, les limites et les fonctionnements.
Il n'y a pas une bonne façon de fonctionner. Il y a des fonctionnements différents. Et apprendre à les reconnaître, chez soi comme chez l'autre, c'est peut-être l'un des plus beaux leviers de compréhension humaine.


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