AuDHD & « j’aime être avec les gens… mais les interactions m’épuisent »
Bonjour ! Vous avez peut-être remarqué que votre cerveau fonctionne de manière un peu… particulière. Vous aimez vraiment être avec les gens, partager des moments, sentir cette énergie collective. Et pourtant, après quelques heures, vous êtes complètement épuisé. Vous avez besoin de silence, de solitude, de vous retirer. Est-ce que ça vous parle ?
Si c'est le cas, vous n'êtes pas seul. Et il y a une explication à ce paradoxe apparent.
Qu'est-ce que le profil AuDHD ?
Pendant longtemps, on pensait que l'autisme (TSA) et le TDAH ne pouvaient pas coexister chez une même personne. Mais les connaissances ont évolué. Aujourd'hui, les cliniciens savent que ces deux fonctionnements neurodéveloppementaux peuvent tout à fait cohabiter dans le même cerveau.
Le terme « AuDHD » n'est pas encore un diagnostic officiel, mais il est de plus en plus utilisé en recherche et en clinique pour décrire cette co-occurrence. Et contrairement à ce qu'on pourrait penser, ces deux fonctionnements ne s'annulent pas. Ils coexistent, créant des dynamiques cognitives très particulières.
Deux logiques cérébrales dans le même cerveau
Le TSA et le TDAH impliquent des différences dans plusieurs réseaux cérébraux : les réseaux attentionnels, exécutifs, sensoriels et de régulation émotionnelle. Quand ces deux fonctionnements se combinent, certaines dynamiques peuvent sembler paradoxales.
Besoin de routine… mais cerveau explorateur
Dans le TSA, il y a un besoin de prévisibilité et une sécurité dans les routines. Dans le TDAH, il y a une recherche de stimulation et un besoin de nouveauté. Résultat : vous pouvez chercher la stabilité tout en vous lassant rapidement de la routine.
Hyperfocalisation… et dispersion
Le TSA peut favoriser une concentration intense et un intérêt très approfondi. Le TDAH peut entraîner une distraction rapide et une difficulté à maintenir l'attention. Vous pouvez donc vivre des phases de focalisation très forte, alternant avec des moments de dispersion importante.
Inhibition et impulsivité
Le TDAH peut s'accompagner d'impulsivité et d'une difficulté à freiner certaines réponses. Le TSA peut amener une rigidité comportementale et une difficulté à interrompre une action ou une idée. Votre cerveau peut donc agir vite, mais rester bloqué sur certaines choses.
Le paradoxe social : le cœur du sujet
Voici le paradoxe que beaucoup de personnes AuDHD décrivent :
Vous aimez l'ambiance d'un groupe. Vous appréciez vraiment la présence des autres. Mais vous avez besoin de silence ou de retrait rapidement après.
Ce n'est pas de la misanthropie. Ce n'est pas que vous n'aimez pas les gens. C'est que les interactions sociales demandent une énergie cognitive considérable. Vous devez gérer :
- La compréhension des codes sociaux implicites
- La régulation sensorielle (bruits, lumières, proximité)
- La gestion des émotions des autres
- L'adaptation constante de votre comportement
- La maintien de l'attention sur la conversation
Tout cela simultanément. C'est épuisant.
On parle parfois de « co-présence sociale » : être avec les autres, sans forcément avoir besoin d'interagir en permanence. Juste… être là. Ensemble, mais chacun dans son univers. C'est souvent ce qui fonctionne le mieux pour les personnes AuDHD.
Comprendre change tout
Quand ce fonctionnement est compris, beaucoup de choses deviennent plus claires. Et surtout, la culpabilité diminue.
Certaines stratégies peuvent vraiment aider :
- Structurer les environnements sociaux (prévoir où vous allez, avec qui, pour combien de temps)
- Prévoir des temps de récupération sociale après les interactions
- Alterner les moments de stimulation et les moments de calme
- Anticiper les changements plutôt que de les subir
- Privilégier les interactions choisies plutôt que les interactions imposées
Parce que le cerveau AuDHD n'est pas incohérent. Il essaie simplement de composer avec deux logiques neurocognitives différentes.
Une dernière chose importante
Les profils AuDHD rappellent une vérité essentielle : le cerveau humain ne fonctionne pas en catégories rigides. Il existe plutôt un continuum de variations neurodéveloppementales.
Et comprendre ces fonctionnements permet souvent de passer de la culpabilité à la compréhension. De l'auto-jugement à l'auto-compassion.
Vous aimez être avec les gens, mais les interactions vous épuisent vite ? Vous n'êtes pas brisé. Votre cerveau fonctionne simplement différemment. Et c'est okay.


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