Comprendre son cerveau, ce n'est pas chercher une étiquette, c'est choisir la "bonne direction"

Comprendre son cerveau, ce n'est pas chercher une étiquette, c'est choisir la "bonne direction"

"Le problème aujourd'hui…
ce n'est peut-être pas qu'on parle trop du TDAH.
C'est qu'on en parle souvent… sans nuance."

Depuis quelques années, les réseaux sociaux ont permis à énormément de personnes de mettre des mots sur un vécu longtemps incompris. Et ça… c'est important.

Parce que pendant des décennies, beaucoup de personnes — surtout des femmes — ont été jugées paresseuses, "trop sensibles", "instables", "désorganisées", "pas assez motivées". Alors qu'en réalité, certaines vivaient peut-être avec un Trouble Déficitaire de l'Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH), un TSA, ou un profil neuroatypique non identifié.

MAIS…

À force de vulgarisation rapide, de contenus TikTok, de phrases simplifiées et de tests approximatifs, on finit parfois par oublier une chose essentielle : le cerveau humain est complexe.

Et aujourd'hui, le débat devient parfois extrême : "Tout le monde est TDAH" VS "Le TDAH est une mode". Alors qu'entre les deux, il existe une réalité beaucoup plus nuancée.

La réalité complexe du TDAH

Oui, le TDAH est un trouble neurodéveloppemental reconnu scientifiquement. Mais le stress chronique, les traumas, l'anxiété, le burn-out, les troubles du sommeil, certaines dérégulations hormonales, les troubles thyroïdiens, le TSA, la surcharge cognitive et certaines dépressions peuvent parfois produire des symptômes qui ressemblent au TDAH.

Cela ne signifie PAS que les personnes souffrent "dans leur tête". Cela ne signifie PAS non plus que le TDAH "n'existe pas". Cela signifie simplement qu'un cerveau ne peut jamais être compris hors contexte, hors corps, hors environnement.

Le sous-diagnostic chez les femmes

Et chez beaucoup de femmes, le TDAH reste encore sous-diagnostiqué. Pourquoi ? Parce qu'elles ont appris à surcompenser, hypercontrôler, masquer leurs difficultés, anticiper pour tout le monde, devenir "fonctionnelles"… au prix d'un épuisement énorme.

Certaines passent donc des années avec anxiété, fatigue chronique, burn-out, culpabilité, perte d'estime de soi, hypersensibilité émotionnelle et surcharge mentale permanente. Et le pire, c'est qu'elles pensent souvent : "je suis nulle", "je suis faible", "je suis incapable". Alors qu'elles sont parfois simplement épuisées de compenser depuis toujours.

La vraie question

La vraie question n'est donc peut-être pas : "Est-ce que tout le monde est TDAH ?" Mais plutôt : "Pourquoi autant de cerveaux sont-ils aujourd'hui en souffrance ?"

Parce que notre société demande souvent plus de rapidité, plus de performance, plus d'adaptation, plus de stimulation, moins de repos, moins d'écoute du vivant.

Un diagnostic, un outil

Le diagnostic, lui, devrait rester rigoureux, nuancé, individualisé et humain. Et surtout, un diagnostic ne devrait jamais devenir une identité, une excuse ou une condamnation. Mais un outil de compréhension.

Quelques leviers concrets

  • Sommeil de qualité
  • Régulation du système nerveux
  • Activité physique adaptée
  • Réduction de la surcharge cognitive
  • Compréhension des fonctions exécutives
  • Adaptation de l'environnement
  • Travail sur le stress chronique
  • Accompagnement psychoéducatif
  • Bilan médical global si nécessaire : fer, thyroïde, hormones, sommeil, inflammation, carences, etc.

Comprendre son cerveau… ce n'est pas chercher une étiquette. C'est commencer à s'accepter.

Avec Muriel Hubin

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