Dyslexie & TDAH

Dyslexie & TDAH

Quand on parle de dyslexie, on pense souvent aux difficultés de lecture. Quand on parle de TDAH, on pense souvent à l'attention. Pourtant, ces deux profils se rencontrent fréquemment. Les études montrent qu'environ une personne dyslexique sur trois présente également un TDAH. Ce n'est donc pas une exception. C'est une réalité que de nombreuses familles vivent au quotidien. Et cela change profondément la façon dont l'enfant apprend, se fatigue… et parfois se perçoit lui-même.

Lire demande déjà énormément d'énergie

Pour beaucoup d'enfants dyslexiques, lire n'est pas automatique. Le cerveau doit mobiliser davantage de ressources pour :

  • associer les lettres aux sons
  • reconnaître les mots
  • maintenir le fil de la phrase
  • accéder au sens

Là où certains lisent presque sans y penser, d'autres doivent fournir un effort constant.

Quand le TDAH s'ajoute à l'équation…

Le défi ne concerne pas uniquement l'attention. Le TDAH touche aussi les fonctions exécutives, et notamment les mécanismes d'inhibition. Autrement dit, le cerveau doit continuellement filtrer ce qui est pertinent… et laisser passer le reste. Mais ce filtre est parfois plus fragile.

Résultat :

  • le bruit d'une chaise devient difficile à ignorer
  • une pensée surgit et prend toute la place
  • un mouvement attire immédiatement le regard
  • une émotion envahit l'espace mental
  • une nouvelle idée apparaît avant même que la précédente ne soit terminée

Et pendant ce temps-là… le texte attend toujours d'être lu.

Le véritable défi

Le problème n'est pas seulement de rester concentré. Le cerveau doit sans cesse choisir :

  • ceci est important
  • ceci peut attendre
  • je reste sur ma lecture
  • je laisse passer le reste

Quand les mécanismes d'inhibition sont fragiles, ce tri devient extrêmement coûteux en énergie. Et cette dépense énergétique est souvent invisible.

Ce que l'on observe alors

  • devoirs qui prennent des heures
  • relectures multiples
  • pensées qui s'échappent sans cesse
  • frustration rapide
  • réactions émotionnelles plus intenses
  • fatigue cognitive importante
  • perte progressive de confiance en soi

Ce que cela n'est pas

Ce n'est pas un manque de volonté. Ce n'est pas un manque d'intelligence. Ce n'est pas de la paresse.

C'est un cerveau qui doit simultanément :

  • décoder l'écrit
  • filtrer les distractions
  • inhiber des informations concurrentes
  • gérer ses pensées et ses émotions

… tout en essayant d'apprendre comme les autres.

Ce qu'il faut retenir

Derrière certains enfants qualifiés de « rêveurs », « distraits », « lents » ou « désorganisés » se cache parfois une double réalité : un cerveau qui travaille davantage pour lire et un cerveau qui travaille davantage pour filtrer, inhiber et s'autoréguler.

Avant de juger leurs difficultés, essayons de mesurer l'énergie qu'ils dépensent chaque jour pour faire ce que d'autres réalisent sans même y penser. Et cela mérite d'être compris, reconnu… et accompagné.

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