Neuroatypies & Traumas
On entend parfois : « Est-ce que c'est mon TDAH ? » « Est-ce que c'est mon autisme ? » « Est-ce que c'est un trauma ? »
La réalité est que les deux peuvent s'entremêler. Et cela complique souvent la compréhension de soi.
Un cerveau neuroatypique n'est pas un cerveau traumatisé
Le TDAH, l'autisme, les troubles DYS ou d'autres neurodivergences ne sont pas causés par un traumatisme. Ce sont des particularités neurodéveloppementales présentes très tôt dans le développement du cerveau.
Mais grandir avec un fonctionnement différent peut parfois exposer davantage à certaines expériences difficiles.
Ce que vivent beaucoup de neuroatypiques
Au fil des années, certaines personnes accumulent :
- des critiques répétées
- du harcèlement
- de l'incompréhension
- des sanctions fréquentes
- un sentiment d'échec malgré les efforts
- le rejet social
- l'épuisement du camouflage social
Petit à petit, le système nerveux peut rester bloqué en mode alerte.
Quand le cerveau passe en mode survie
Le cerveau devient alors extrêmement efficace pour détecter les menaces. Parfois cela ressemble à :
- hypervigilance
- peur du rejet
- réactions émotionnelles intenses
- évitement
- épuisement chronique
- ruminations permanentes
Le problème ? Ces manifestations peuvent parfois ressembler à certains traits du TDAH ou de l'autisme. C'est pour cela qu'il est parfois difficile de distinguer ce qui relève du neurodéveloppement et ce qui relève de l'adaptation au stress.
Heureusement, le cerveau reste plastique
La neuroplasticité nous montre que le cerveau continue d'évoluer toute la vie. Même après des années de stress. Même après des expériences difficiles. Même après des décennies à essayer de s'adapter.
Quelques leviers qui peuvent aider
- Comprendre son fonctionnement neuroatypique
- Développer des relations sécurisantes
- Travailler la qualité du sommeil
- Bouger régulièrement pour réguler le système nerveux
- Apprendre des techniques de régulation émotionnelle
- Réduire le camouflage excessif lorsque cela est possible
- Se faire accompagner par des professionnels formés aux neurodivergences
- Développer l'autocompassion plutôt que l'autocritique
- Adapter son environnement au lieu de s'adapter constamment à l'environnement
À retenir
Le trauma n'explique pas la neuroatypie. La neuroatypie n'explique pas tous les traumatismes. Mais lorsqu'ils se rencontrent, ils peuvent s'influencer mutuellement.
Comprendre cette différence n'a pas pour but de mettre une étiquette supplémentaire. Elle permet souvent de remplacer une question : « Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ? » par une autre : « Qu'est-ce que mon cerveau a appris pour me protéger ? »
Parce qu'un cerveau neuroatypique n'est pas cassé. Et un cerveau traumatisé n'est pas condamné.


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